Histoire de l’Association.

De la Société Photographique du Doubs au Club Photo Besançon-Déclic-Image 

  Cet historique a été réalisée grâce :
– Au discours prononcé le 25 avril 1987 par le Président Alphonse PETITJEAN lors du 70 ° anniversaire
du Club qui accueillait le concours National de photographies couleur au Parc Exposition
– Aux archives du Club.

Notre club photo est l’un des plus anciens de la ville de Besançon.
Il était intitulé à l’origine Société Photographique du Doubs, et elle remonte à la fin du XIX ° siècle.

On sait en effet qu’elle a été affiliée en 1897 sous le n° 7 à la Fédération Nationale des Sociétés Photographiques de France, mais il est fort probable que sa création à Besançon soit antérieure à cette date.

A cette époque, rares étaient les véritables mordus qui s’adonnaient à ce passe-temps, étant donné d’une part la complexité des opérations à effectuer tant pour le prix que pour la préparation des plaques photographiques et des papiers pour le tirage des épreuves, et d’autre part le coût très élevé du matériel et des produits de base. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque de la fin du XIX° siècle les émulsions sensibles étaient préparées et appliquées sur les supports verre ou papier par les amateurs eux-mêmes suivant leurs propres recettes.

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Toutes ces servitudes pécuniaires et techniques faisaient que ce passe-temps était l’apanage des gens aisés, les bourgeois comme on disait alors, et les listes des membres de l’époque 1900 qu’on a pu retrouver montrent que ces notables étaient en général commerçants, ingénieurs industriels, magistrats, docteurs et hauts fonctionnaires ; ce hobby semble bien en fait être un élément inséparable de leur standing.

On ne rencontre sur ces listes aucun ouvrier, employé ou autre prolétaire et pour cause, puisqu’on relève dans le bulletin de la Société Française de Photographie de 1862 que la cotisation annuelle s’élevait alors à 72 francs de l’époque soit environ 2 000 F actuels. Il s’agissait donc bien d’une caste de privilégiés.

Fort heureusement, l’essor prodigieux des techniques et plus particulièrement de la photographie au cours seulement des premières décennies du XX ° siècle, a rendu petit à petit plus abordable ce passe-temps passionnant et a permis son accès à toutes les couches sociales. Cette démocratisation était pratiquement acquise avant le second conflit mondial.

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Mais cette évolution s’est faite par étapes. Au début, c’est-à-dire à la fin du XIX° siècle, les appareils étaient lourds, volumineux, de grand format, et les plaques étaient très lentes. Opérer à l’extérieur imposait une véritable expédition. Et que dire des travaux de laboratoire ! Il n’y avait à cette époque héroïque pas de commerçants spécialisés qui faisaient ce travail. Chacun préparait ses bains suivant ses formules personnelles à l’aide de produits chimiques de base.

Il y eut ensuite l’époque très florissante et très appréciée de la stéréo, deux vues sur une même plaque impressionnée dans une jumelle qui restituait le relief dans un volumineux appareil en bois bien entendu et à l’usage d’un seul observateur.

La projection pour une salle entière ne pouvait pas encore être envisagée.

Puis les progrès fulgurants de l’industrie pour une grande part il faut le préciser aux découvertes d’une pléiade de chercheurs anonymes ainsi qu’à la fabrication en série et à l’utilisation de matériaux nouveaux, rendirent plus faciles et plus abordables aussi bien la prise de vue que les travaux de développement.

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Le progrès le plus décisif, celui qui a contribué à faciliter l’essor de la photographie a été le remplacement progressif des plaques de verre par des supports souples. C’est ce qui a permis la construction d’appareils de prise de vue de formats plus réduits utilisables très facilement en toutes circonstances.

Notre club a donc connu cette époque héroïque et nous conservons précieusement dans nos archives les plaques et clichés stéréo de nos prédécesseurs.

Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que notre Club ayant repris ses activités après une interruption due aux tristes évènements de l’occupation, accueillit avec les vétérans que furent les Cote-Colisson, Pidancet, Dartevelle, Maire et bien d’autres à qui nous rendons hommage car ils ont été nos maîtres, quelques jeunes éléments dont quelques uns sont encore aujourd’hui, après plus de 40 années toujours fidèles à ses réunions et à ces manifestations.

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Que de changement toutefois en 42 ans ! À la fin de la guerre les mordus pratiquaient toujours par fidélité au passé et aussi par habitude, la photo sur plaques ainsi que la stéréo, pendant que quelques uns, rares ceux là, des précurseurs en somme pratiquaient ce qu’on appelle maintenant le « petit format » mais avec les seuls appareils alors existant sur le marché, des appareils Allemands, les fameux Leica, Contax, Zeiss et Robot. Les Japonais n’avaient alors pas encore amorcé leur spectaculaire inondation du marché avec des appareils de plus en plus sophistiqués, dérivés des premiers appareils allemands qui existaient déjà dans les années 30 mais dotés de visée reflex et d’un automatisme de plus en plus poussé

Jusqu’en 1950 environ, notre club avait ses locaux 73 grande rue dans l’atelier d’un ancien photographe dit de la belle époque, resté pratiquement dans son état initial, et qui était doté de 3 laboratoires équipés d’agrandisseurs et de tout le matériel nécessaire pour développer exclusivement le noir et blanc. Chaque pratiquant avait à sa disposition un casier personnel fermant à clef dans lequel il rangeait son matériel et ses produits de développement.

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Puis l’immeuble en question ayant été vendu par appartements, les membres durent rassembler les fonds nécessaires à l’achat d’un local. Mais au bout de quelques années les charges devinrent telles que la Société fut contrainte de revendre son bien, la partie atelier pour être transformée en garage par la boulangerie viennoise, et l’autre partie des locaux et les laboratoires à un commerçant voisin, les vêtements Roger, pour servir d’entrepôt.

Le produit de la vente permit d’acheter un local sis rue Péclet où le Docteur Quichon avant de s’installer dans sa nouvelle clinique de Canot, pratiquait la gymnastique pour la méthode de l’accouchement sans douleur.

Cet espace tout à fait inadapté fut entièrement rénové pour en faire une salle de projection, 3 laboratoires, et un petit local vestiaire et casiers.

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Tous ces travaux, cloisons, sanitaires, électricité et peinture furent en totalité exécutés par les sociétaires eux-mêmes. Il faut dire qu’à l’époque le club était fort de 150 membres et que la télévision était inconnue.

Mais une nouvelle fois, les charges de plus en plus lourdes, puis des travaux importants de couverture firent que l’obligation de vendre ce local ne put être empêchée.

Nous dûmes à regret trouver un point de chute, il n’était hélas plus question d’être propriétaire, les charges et les impôts ne permettant pas à un club non subventionné de couvrir ses dépenses de fonctionnement.

Nous pûmes donc continuer nos activités en étant hébergés par « la maison pour tous de l’ilot ST Pierre»  Fort heureusement, si l’on peut dire, la photographie amateur avait depuis quelques décennies très évolué, et en ce qui concerne tout particulièrement notre club, devenu alors Société Photographique de Besançon puisque des dizaines de clubs amateurs existaient dans le département du Doubs, ses membres avaient presque tous abandonnés le noir et blanc pour faire de la diapo couleur, ce qui ne nécessitait plus l’usage du laboratoire.

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Vint ensuite la reconversion de la maison pour tous de l’Ile St Pierre en théâtre de poche bisontin.

Et nous dûmes à nouveau changer de local, à la Fédération des OEuvres laïques de Granvelle.

Bien que la salle que nous utilisons pour nos réunions soit réduite par cloisonnement à deux reprises, nous nous contentons de ce petit local qui occupé par d’autres sociétés suivant un calendrier dédié, ne nous permet pas de ranger un matériel volumineux, tel que projecteurs, objectifs, magnétophone, amplis et enceintes acoustiques que quelques membres détiennent à leur domicile malgré le manque de place dans les logements modernes.

Nous avons complètement abandonné les séances publiques que nous donnions dans les années 1950 devant un très nombreux public, actuellement démobilisé par l’explosion des médias, mais nous participons aux activités et concours de la fédération.

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Les membres de notre très ancienne société voyagent beaucoup, et nous avons plaisir à suivre sur l’écran leur pérégrination dans le monde entier. Et puis le diaporama est à la mode depuis une dizaine année. On demande de plus en plus de qualité, on projette en fondu enchainé, avec commentaire et fond sonore sur bande magnétique. Certaines productions tendent à se rapprocher de ce que font les professionnels, avec des moyens ridicules par rapport aux leurs, tant en personnel qu’en matériel.

D’où la fierté d’un auteur de montrer un montage sonorisé de qualité, apprécié par ses collègues amateurs.

On peut rappeler certaines expositions photo importantes organisés depuis la libération :
– En 1947 : dans les salons du casino pour le cinquantenaire de notre affiliation à la Fédération Nationale.- En 1950 au foyer du Kursaal
– De 1950 à 1970 diverses expositions à la galerie l’Atelier rue Pasteur ainsi qu’à la salle de l’ancienne poste.
– En 1972 exposition du 75° anniversaire
– En 1987 nous organisons pour notre 90° anniversaire les concours Nationaux et Régionaux de diapositive couleur.

Présidents qui se sont succédé depuis 1945 :

– Commandant PREVOST
– Henry TRIPARD
– Docteur Robert QUICHON
– Michel DUC
– Lucien NEVIERE
– Roger JEANDEL
– Henry TRIPARD
– Alphonse PETITJEAN
– Roland OUDET
– Daniel POURCELOT
– Didier AUBERT

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